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Page 4 sur 4 V-Quelles sont les mesures prises face à cette crise ?
Face à la forte remontée des marges de crédit et à l’incertitude croissante régnante sur les marchés des capitaux internationaux, il a été décidé au niveau de la gestion des réserves en devises du pays:
1- de ne pas programmer de sortie sur les marchés financiers internationaux en 2008 et en 2009 ;
2- d’orienter les placements en devises de la Banque Centrale de Tunisie vers les instruments d’investissement les plus sûrs à savoir les bons et obligations du Trésor en euro et accessoirement en dollar émis par les principaux pays industrialisés, disposant d’une notation financière « AAA». Il faut signaler à ce titre que nous n’avons aucun placement auprès des banques Bear Stearns, Lehman Brothers, Merrill Lynch, ou encore Fortis, soit les banques qui ont été le plus touchées par la crise subprime.
Sur le plan national, et tirant les enseignements de ce qui s’est passé aux Etats-Unis pour les crédits subprime, nous avons allongé la durée des crédits logement de la Banque de l’Habitat de 15 à 25 ans et avons pris une orientation vers les taux fixes, mesure prise par le Président de la République en avril 2008 afin de préserver la capacité de remboursement des ménages et de leur éviter toute exposition future au risque éventuel de hausse des taux d’intérêt. Cela va dans le sens également de la préservation de la solidité financière du système bancaire.
Sur le plan macroéconomique, et dans une perspective à moyen et long terme, il s’agit bien sur de continuer les programmes d’amélioration de la compétitivité de l’économie, de rationalisation des dépenses, de maîtrise des charges afin d’essayer de remplacer l’impact de la récession mondiale par des gains de parts de marché. C’est vital.
VI - Quels enseignements pour l’économie tunisienne ?
Cette crise réconforte le pays dans les choix faits par le Président de la République au moins à deux niveaux.
D’abord, nous avons opté pour une démarche progressive sur la voie de la convertibilité du dinar. Nous nous sommes basés sur une approche de la convertibilité qui donne la priorité aux opérations courantes directement liées à l’activité productive, et qui procède progressivement pour ce qui concerne les opérations du compte capital. Nous avons toujours été prudents à l’égard de l’entrée des flux de capitaux à court terme, par définition très volatils, et dont la sortie brusque et massive peut ruiner une économie.
Ensuite, nous avons été confortés quant à notre choix sur le plan bancaire. Déjà en 2001, nous avons opté pour la banque universelle en abandonnant la formule banque d’investissement. Cette crise nous donne raison dans ce choix, puisque les deux dernières banques d’investissement américaines à savoir Goldman Sachs et Morgan Stanley cherchent désormais à s’adosser à une banque commerciale et à se convertir ainsi à une banque universelle. Le réseau est fondamental pour les ressources d’une banque, ça lui permet de garantir un matelas de ressources stables. C’est pour cela que nous nous sommes attelés à transformer les ex-banques de développement en banques universelles. C’est déjà chose faite pour la BTK, la BTE, la TQB… Cela ne veut pas dire que la fonction investissement ou développement doit disparaître, bien au contraire elle doit se renforcer, mais en s’adossant à la mobilisation de ressources stables et en étant un instrument de soutien à l’investissement réel et non à l’investissement financier fictif et à la spéculation.
Enfin, je tiens à souligner que face à la gravité de la situation à l’échelle internationale et pour parer à tout risque pouvant affecter notre système bancaire et partant l’économie tunisienne dans son ensemble, nous avons institué, sur instructions de Monsieur le Président de la République une cellule de veille sous la responsabilité de la Banque Centrale de Tunisie, pour suivre de très près l’évolution de la situation sur les marchés financiers internationaux. L’objectif étant de prendre à temps les dispositions qui s’imposent pour préserver les acquits de l’économie tunisienne.
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