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Page 1 sur 4 Le Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie parle de la crise financière internationale : Ses origines, ses répercussions sur le plan national et international et ses enseignements
I -Quelles sont les origines de cette crise ? A la base, la présente crise est due à la prolifération des crédits hypothécaires dits « subprime » accordés à des taux d’intérêt variables au cours des dernières années par les banques américaines à une catégorie de clientèle à risque élevé, à un moment où les taux d’intérêt étaient faibles. Ces prêts ont été transformés par la suite en titres sur le marché financier. Dès le relèvement des taux directeurs de la Fed, pour des raisons de politique monétaire, un pan entier de cette clientèle s’est trouvé dans l’incapacité de rembourser. S’agissant des conditions qui ont favorisé l’émergence de cette catégorie de crédits, il faut rappeler que l’éclatement de la bulle internet au début des années 2000 et les événements du 11 septembre, ont amené les autorités monétaires américaines à assouplir de manière très agressive leur politique monétaire en réduisant le taux des « Fed Funds », principal taux directeur de la Réserve Fédérale, de 6,5% à fin 2000 à seulement 1% en juin 20031, ce qui a favorisé le développement des crédits logement.
Mais, le double mouvement de remontée des taux d'intérêt directeurs de la Fed (qui ont atteint 5.25% en juin 2006) et de baisse des prix de l'immobilier aux États-Unis (depuis 2006) a conduit à des défauts de paiement de nombreux emprunteurs et partant à la mise en situation de faillite ou de quasi-faillite des établissements spécialisés en crédits hypothécaires à risque. Les grandes banques ayant financé ces organismes ont enregistré des pertes conséquentes suite à ces faillites, et ont même accéléré ce mouvement en exigeant des remboursements anticipés auxquels les organismes spécialisés dans le subprime ne pouvaient plus faire face.
D’autre part, et compte tenu de la faiblesse de la rémunération du crédit, du rétrécissement des marges et de la réduction de plus en plus importante des commissions et autres frais bancaires, les banques internationales ont dû chercher d’autres sources de revenus. Cela les a conduit à une prise de risques excessive, dont les effets ont été mal évalués. En effet, outre ces crédits subprime, les banques internationales, en particulier les banques d’investissement américaines, se sont lancées dans le montage, la structuration et la commercialisation de multiples produits financiers extrêmement sophistiqués, notamment la titrisation des crédits hypothécaires.
1 l’objectif étant de redynamiser l’investissement et de favoriser par là les conditions d’une reprise de l’activité économique.
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